06 novembre 2008

Je suis un personnage de fiction

Il y aurait beaucoup à dire sur Chloé Delaume. Je la laisse donc faire…



delaume2.jpg" Les scientifiques : pleurer diminue la sensation de tristesse ou de colère d’environ 40 %. Les femmes pleurent en moyenne quatre fois plus que les hommes. Si les femmes éprouvent quatre fois plus souvent le besoin de diminuer de 40% la sensation de tristesse ou de colère que les hommes, ce n’est pas parce qu’elles représentent 91,2 % des corps violés en France, que l’écart des salaires est de 37 %, ni que les instances marketing du biopouvoir les invitent à utiliser d’urgence des Tampax à la fleur tellement elles daubent les pauvres, mais à cause d’une hormone, la prolactine, qu’elles produisent davantage que les couillidés. Jusqu’à l’âge de douze ans, soit à taux de prolactine équivalent, les filles ne pleurent pas plus que les garçons. L’effraction paritaire n’est constatée qu’à partir de la puberté. À dix-huit ans, le taux de prolactine dans un corps femelle atteint 60 % de plus que dans un corps mâle. À trente-deux, je l’ignore. J’espère que c’est beaucoup, ça me ferait une excuse.

Les larmes débarrassent l’organisme des produits chimiques responsables du stress. Une absence totale de larmes entraîne une sécheresse cornéenne, qui à terme, peut provoquer la cécité.

Lorsque l’on débarrasse son organisme des produits chimiques responsables du stress causé par la non-participation textuelle au prochain album d’Indochine, une absence totale de témoins est préférable, sous peine de les plonger dans une profonde perplexité.
"



Chloé Delaume, La dernière fille avant la guerre (naïve éditions)

10 juin 2008

Accrocher la lune

Avec Patrick Le Divenah, c'est une histoire de mots. Il en met partout, même sur ses images, le sagouin. Ou alors il fait de ses mots des images et de ses images des mots?

J'aime beaucoup l'idée des mobiles de prosésie, une idée de poète qui veut approcher la lune... Agade:

les mots n'ont pas de sens.jpg mobile 03 (red).jpg
 

Pour les voir en vrai, suffit d'aller au marché de la Poésie du 19 au 22 juin, place Saint Sulpice (pour ceux qui veulent rêver plus tôt ou plus tard, on peut cliquer par là, et aussi par là)

Le blog de Patrick, ousskonpeuvoir plein d'autres choses bien, c'est par ici 

Et pour plus d'infos sur son actu, on télécharge: Marché Poésie+Nuit phot.contempor.(jpeg).jpg 

 

PS: Au commencement était le verbe, et les mots mènent à tout, et moua chuis ben contente passke ze fais plein de zolies rencontres grâce à eux. 

13 mai 2008

Verbatimz

Si les yeux sont une fenêtre de l’âme, alors le deuil en est la porte. Tant qu’elle est fermée, c’est la barrière entre savoir et ne pas savoir. Si on s’en éloigne, elle reste fermée à jamais. Mais si on l’ouvre et qu’on la passe alors la douleur devient vérité.
(Dans la série Dexter)

Ce dont on ne se souvient pas révèle ce qu’on ne peut oublier.
(Dans le film 21 grammes)

Je suis à côté de moi, une distance pour mieux me connaître ou m’oublier.
(Thierry Bexon, La Soif et l’Eau)

 

et presque rien à voir: welcome to… the Circus Clock! And circulez, y'a à voir!

 

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15 juin 2007

Ô Cyrano...

France 2 diffuse la pièce montée par Denis Podalydès. Tout est bon dans le cochon, mais je me suis arrêtée sur ce jambon-là:



Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...
Non, merci. D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S'aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ?
Etre terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : "Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François ?"...
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, -ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

 

Extrait trouvé chez un fan (Acte II, scène VIII)

 

31 mai 2007

La femme de hasard

c52b79dbeba83ed146d40f8f927ae16e.jpgPremier roman de Jonathan Coe.

Extraits:

Martin lui-même avait soupçonné sa femme d'en avoir un tant soit peu ras le bol, le soir où, rentrant du bureau, il l'avait surprise en train de se foutre en l'air. Mais enfin, ma chérie, avait-il dit, sors la tête du four et sers-moi un gin-tonic.

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Jamais Maria ne se sentait plus heureuse que lorsqu'elle était seule, globalement, mais l'idée d'être toujours seule la terrifiait, car elle était humaine après tout, ce qui était, pourrait-on dire, la source de tous ses problèmes. 

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- Parle-moi de l'amour. (...)

- On se sent vide et perdu. Comme si on essayait d'attraper le vent avec un filet à papillons. Pour la première fois, on sait exactement ce qu'on veut. On passe ses journées à le chercher. Et puis c'est là, pendant un instant, et puis ça a disparu. Et puis ça revient. Quand on est avec... qui on aime... alors on est heureux... presque toujours... au début.

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Des petits détails qui désarment les hommes et les mettent à notre merci. Ces gestes étaient, en l'occurence, par ordre croissant d'efficacité, le battement de cils, le croissement de jambes, et la succion du pénis.

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Il existe entre les gens un certain type de silence, où les mots ne sont pas nécessaires, et qui signale non la fin mais le début d'une entente. 

 

24 mai 2007

Et en english dans le texte

 " Don't say anything, because I see that you understand me, and I am afraid of your understanding. I have such a fear of finding another like myself, and such a desire to find one ! I am so utterly lonely, but I also have such a fear that my isolation be broken through, and I no longer be the head and ruler of my universe. I am in great terror of your understanding by which you penetrate into my world ; and then I stand revealed and I have to share my kingdom with you. "

 

(Anaïs Nin - La Maison de l'Inceste) 

Le monde est trop petit

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"Le monde est trop petit. Je suis lasse de jouer de la guitare, lasse de tricoter, de marcher, de faire des enfants. Les hommes sont petits et les passions bien courtes. J'en ai assez de ces escaliers à monter et à descendre, assez de ces portes, de ces murs, de cette vie de tous les jours qui rompt la continuité de l'extase."

 

(Anaïs Nin - La Maison de l'Inceste) 

 

Photo: Guidu Antonietti di Cinarca (avec son autorisation?)

 

01 octobre 2006

I'm sorry... what?

La curieuse que je suis est allée voir ce que "vous" cherchiez dans les moteurs de recherche... pour finalement tomber ici. La plupart des requêtes ne m'étonnent pas: noms d'artistes ou de films cités, noms de bloggueurs ("zelizz", par exemple, mais je ne vois pas trop qui c'est... et "yoyostereo™ yoyostereo™ ". Yoyostéréo, il me semble bien l'avoir déjà croisé...sans ces symboles barbares... là).

Mais il y a certains mots... qui me laissent sans voix !

"fait moi rire": j'espère que j'y ai réussi, même si mon humour légendaire ne transparaît que peu sur ces pages...

"marboué reve": plait-il ?? Je n'ai jamais rêvé de marboué... Enfin, si, peut-être que dans mes rêves, je sais ce que veut dire ce mot !

 

Je décerne cependant la palme à quelqu'un qui a fait des efforts de précision:

"touret -autistes -edouard -livre -coppermine -alexandre -appare" : oui, rien que ça ! Alors, "touret", oui, ça correspond à mes réalisations mosaïques. "Livre", oui, il m'arrive de me plonger dedans. "alexandre": j'aime bien ce prénom, certes.  Mais que cherchiez-vous, mystérieux chercheur pointu?? Et comment êtes-vous arrivé ici?! Je ne demande même pas si vous avez trouvé votre réponse...

30 août 2006

"Inconnu à cette adresse"

medium_taylor_inconnu.jpgD'abord, c'est un livre. La correspondance entre deux Allemands exilés aux Etats-Unis, en 1932. L'un est juif, et reste à San Francisco, l'autre rentre en Allemagne. Ils sont comme frères. Et puis, et puis... Un certain Adolf arrive au pouvoir.

Ce livre fait frissonner, il fait peur... Pas rassurant rassurant sur la nature medium_inconnu.jpghumaine, mais vraiment très bien construit. Une montée de suspense intenable.

C'est adapté au théâtre, assez brillamment (il faut le faire pour de l'épistolaire): à voir en ce moment au Lucernaire, une salle parisienne plutôt intéressante: 6 pièces de théâtre par soir, expos, ciné, un bar qui a l'air sympa...

C'était la critique livre/théâtre du moment...

A vous les studios.

10 août 2006

blog en temps de guerre

Le blog, un exutoire pour de nombreux Libanais

BEYROUTH (AP) - La guerre inspire les blogueurs. De nombreux Libanais ont choisi de s'exprimer sur leur blog pour donner libre cours à leur colère contre les combats et exprimer leur déchirement face à la mort et à la destruction qui se sont abattues sur le pays du Cèdre.

Zena el-Khalil, une artiste libanaise, veut avoir des enfants. Dans son blog depuis Beyrouth, elle se dit pourtant prête à affronter la mort, mais seulement dans les bras de son mari.

"Ce qu'on raconte dans la rue, c'est qu'Israël menace désormais de frapper Beyrouth. Je me sens tellement désespérée", expliquait cette femme de 30 ans le 2 août sur son blog. "J'ai appelé mon mari et je lui ai dit de rentrer à la maison tout de suite. S'il meurt, je veux être dans ses bras".

Un autre blogueur, Jamal Ghosn, 27 ans, se désespère du nombre important de victimes parmi les plus jeunes. "Les enfants libanais ne serrent pas des ours en peluche quand ils dorment, ils dorment avec des Katiouchas dans leurs lits, au cas où", écrit-il sur un ton sarcastique.

De jeunes Libanais, qui se sentent de plus en plus oppressés par le siège de leur pays, se servent d'Internet comme une sorte d'exutoire. Mais les fréquentes coupures d'électricité causées par les pénuries de carburant et le bombardement de centrales électriques par l'Etat hébreu les empêchent parfois d'avoir recours à cette forme d'expression.

Utilisant son ordinateur grâce à une batterie un soir tard après une panne du générateur de son quartier, Mazen Kerbej, musicien de 30 ans, lance, presque amusé: "c'est assez drôle d'écrire sur un portable relié au monde entier, avec une bougie à côté du clavier pour réussir à voir les lettres".

Comme jamais auparavant, les blogueurs libanais se sont rués sur Internet l'an dernier, après l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri et la "Révolution du Cèdre", les manifestations anti-syriennes qui ont précédé le retrait des troupes de Damas du Liban, mettant fin à 18 ans de présence militaire.

L'enthousiasme des blogueurs avait ensuite baissé, noyé dans les interminables querelles des hommes politiques libanais sur la souveraineté du Liban et ses relations avec Damas. Mais il est reparti de plus belle quand Israël a lancé son offensive contre le Liban.

En plus des blogs, des Libanais dans leur pays et à l'étranger ont recours aux e-mails, aux SMS et d'autres technologies afin de partager leurs sentiments et leurs idées pour tenter de trouver des solutions au conflit. Des pétitions anti-guerre, des dessins à l'ironie très noire et d'innombrables articles circulent sur Internet depuis le début des hostilités le 12 juillet.

Comme cet e-mail envoyé à des milliers de personnes dans le monde entier, qui contient par exemple des photos de nourrissons et d'enfants libanais blessés, à côté d'enfants israéliens écrivant des "cartes de voeux" sur des obus prêts à être lancés sur le Liban...

Depuis le début des hostilités, un site Web populaire, Electronic Lebanon, a commencé à mettre en ligne ces carnets venus de partout au Liban, écrits en anglais. Le site a reçu plus de 479.000 visites, et plus de deux millions de pages y ont été consultées depuis que la guerre a commencé.

Comme le blog de Hanady Salman, rédactrice en chef du journal "As-Safir", qui affirme qu'elle n'avait jamais eu le temps ni vu l'intérêt d'écrire son journal de bord. Mais quand des missiles israéliens ont frappé un convoi de Libanais quittant un village du sud du pays au troisième jour de la guerre, faisant au moins 15 morts dont plusieurs enfants, cette mère de 38 ans a décidé de réagir.

Elle a commencé à envoyer par mail des photos des morts et des destructions à tous les gens qu'elle connaissait, espérant attirer l'attention du monde sur ce qui se passait. "Je remercie Dieu qu'il y ait l'Internet pour faire cela", explique-t-elle. "C'est un moyen fabuleux de raconter notre version de l'histoire, de s'adresser aux gens. Ca me donne l'impression de faire quelque chose, de participer"...

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