06 novembre 2008
Je suis un personnage de fiction
Il y aurait beaucoup à dire sur Chloé Delaume. Je la laisse donc faire…
" Les scientifiques : pleurer diminue la sensation de tristesse ou de colère d’environ 40 %. Les femmes pleurent en moyenne quatre fois plus que les hommes. Si les femmes éprouvent quatre fois plus souvent le besoin de diminuer de 40% la sensation de tristesse ou de colère que les hommes, ce n’est pas parce qu’elles représentent 91,2 % des corps violés en France, que l’écart des salaires est de 37 %, ni que les instances marketing du biopouvoir les invitent à utiliser d’urgence des Tampax à la fleur tellement elles daubent les pauvres, mais à cause d’une hormone, la prolactine, qu’elles produisent davantage que les couillidés. Jusqu’à l’âge de douze ans, soit à taux de prolactine équivalent, les filles ne pleurent pas plus que les garçons. L’effraction paritaire n’est constatée qu’à partir de la puberté. À dix-huit ans, le taux de prolactine dans un corps femelle atteint 60 % de plus que dans un corps mâle. À trente-deux, je l’ignore. J’espère que c’est beaucoup, ça me ferait une excuse.
Les larmes débarrassent l’organisme des produits chimiques responsables du stress. Une absence totale de larmes entraîne une sécheresse cornéenne, qui à terme, peut provoquer la cécité.
Lorsque l’on débarrasse son organisme des produits chimiques responsables du stress causé par la non-participation textuelle au prochain album d’Indochine, une absence totale de témoins est préférable, sous peine de les plonger dans une profonde perplexité. "
Chloé Delaume, La dernière fille avant la guerre (naïve éditions)
23:23 Publié dans z'ai lu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le cri du sablier, aussi, ça fait du bien (de pleurer)


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